Le président de la République islamique d'Iran, Massoud Pezeshkian, a accordé, en marge de sa participation à la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, un entretien approfondi à la chaîne américaine CBS, au cours duquel il a exposé les positions de la République islamique d'Iran sur diverses questions nationales, régionales et internationales.
Soulignant que l'Iran est prêt à poursuivre les négociations sur les questions nucléaires et les autres sujets de désaccord, le président a déclaré que la poursuite de cette voie nécessite de rétablir la confiance et que Washington respecte concrètement ses engagements.
Répondant à une question sur la réouverture du détroit d'Ormuz, il a précisé : Le ministre iranien des Affaires étrangères a transmis aux États-Unis, par l'intermédiaire de médiateurs, une proposition selon laquelle le détroit d'Ormuz serait rouvert après sept jours, à condition que les conditions soient remplies.
Faisant référence à l'expérience des accords précédents et au non-respect des engagements par l'autre partie, le président a considéré le rétablissement de la confiance et le respect concret des accords comme des conditions nécessaires à la poursuite des négociations. Il a affirmé que l'Iran était prêt à dialoguer sur la question nucléaire et les mécanismes de contrôle, dans le cadre des lois et des engagements internationaux.
Le président a également souligné, en réponse à des questions sur l'approche de l'Iran concernant une reprise des négociations avec les États-Unis, l'importance de la diplomatie ainsi que la situation actuelle des relations entre les deux pays et le climat de méfiance qui s'est installé. Il a déclaré que Téhéran souhaitait obtenir, pour parvenir à un accord, des garanties quant au respect par l'autre partie de ses engagements.
Il a ajouté : Ce sont les États-Unis qui bloquent actuellement notre voie ; il est donc naturel que nous ayons également fermé la nôtre. Ce sont des questions qui doivent être réglées des deux côtés afin que nous puissions nous asseoir à la table des négociations et dialoguer.
Le président Pezeshkian, soulignant que l'Iran respecte ses engagements, a déclaré que le non-respect des engagements par l'autre partie avait conduit à la rupture des accords et à l'instauration d'un profond climat de méfiance entre l'Iran et les États-Unis.
Faisant référence à l'expérience du JCPOA ainsi qu'aux négociations et aux accords récents, il a déclaré que les divergences et les problèmes liés à la mise en œuvre auraient pu être réglés par le dialogue, la patience et la retenue, mais que le non-respect des engagements par l'autre partie avait interrompu le processus de compréhension mutuelle.
Concernant une éventuelle rencontre directe avec le président américain, le président a déclaré que l'Iran respectait ses engagements, mais que, pour reprendre le dialogue, il fallait d'abord mettre fin au climat de méfiance créé et que les États-Unis montrent concrètement qu'ils ne cherchent pas à renverser le système de la République islamique d'Iran.
Le président a également souligné que l'Iran était prêt à dialoguer sur les limitations et les mécanismes de contrôle liés à son programme nucléaire. Il a affirmé que l'Iran ne cherchait pas à se doter d'armes nucléaires et que ces questions pouvaient faire l'objet d'un accord dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et des autres cadres internationaux.
En réponse à la question de l'animateur de l'émission lui demandant si la proposition de l'Iran pour reprendre la diplomatie consistait à accepter des limitations sur son programme nucléaire et à permettre l'accès aux inspecteurs internationaux, le président Pezeshkian a souligné que l'Iran ne cherchait pas à se doter d'armes nucléaires et que ces questions pouvaient faire l'objet d'un accord dans le cadre du TNP et des autres règles internationales.
Faisant référence aux frappes menées par les États-Unis et Israël contre les installations nucléaires iraniennes, le président a déclaré que ces installations étaient placées sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique et qu'elles avaient néanmoins été prises pour cible, alors que, selon lui, l'Agence n'avait pas apporté de réaction appropriée.
Concernant la demande de l'Agence d'obtenir un accès et de vérifier les stocks d'uranium enrichi, il a déclaré que la question des inspections devait être réglée dans le cadre des négociations et d'un accord sur les mécanismes de contrôle, et qu'en l'absence d'un cadre clairement défini, les inspections ne pouvaient pas être menées.
Le président Pezeshkian a déclaré avoir rencontré à deux reprises le nouveau Guide suprême, précisant que les démarches diplomatiques sont menées en coordination avec lui.
Il a affirmé que le Guide suprême était en bonne santé et qu'il avait recommandé la poursuite de la diplomatie. Il a également indiqué qu'une équipe de six membres issus des forces militaires, du Parlement, du gouvernement et d'autres institutions participait aux décisions et à leur mise en œuvre.
Interrogé sur les raisons de sa venue à New York malgré la guerre et les tensions entre l'Iran et les États-Unis, le président Pezeshkian a déclaré qu'il n'était pas dans un abri pendant les attaques, mais qu'il continuait à travailler et à tenir des réunions avec ses ministres.
Il a dénoncé les sanctions américaines, les qualifiant d'inhumaines et affirmant qu'elles frappaient notamment les malades, les personnes âgées et les populations vulnérables. Il a également rejeté l'idée que l'Iran ait jamais cherché à se doter d'armes nucléaires, soulignant l'interdiction religieuse de telles armes.
Pezeshkian a affirmé que l'Iran était prêt à dialoguer, mais refusait toute intimidation ou pression visant à le contraindre à se soumettre. Il a également demandé pourquoi les États-Unis avaient attaqué l'Iran alors que les deux parties étaient engagées dans des négociations.
En réponse à la question de l'animateur lui demandant s'il envisageait d'inviter Donald Trump en Iran et de le rencontrer, le président Pezeshkian a déclaré que le profond climat de méfiance entre les deux pays rendait une telle démarche difficile. Il a toutefois souligné que l'Iran restait prêt au dialogue, à condition que les accords signés soient respectés et que la confiance soit rétablie.
Concernant les menaces proférées contre Donald Trump, il a affirmé que si le gouvernement iranien avait une telle intention, il ne participerait pas aux négociations, ajoutant que ces propos relevaient de la colère de certains.