Qualifiant la baisse continue du niveau de ses eaux de problème dépassant les seules préoccupations environnementales et touchant également les dimensions économiques, sociales, humaines et sécuritaires de la région, le président iranien a appelé à l'élaboration et à la mise en œuvre d'un programme régional à long terme pour y faire face.
Lors de son discours au sommet des chefs d'État des pays riverains de la mer Caspienne, Massoud Pezeshkian a remercié le président du Turkménistan d'avoir accueilli cette rencontre.
Il a décrit la protection de la Caspienne comme une responsabilité commune envers les peuples de la région, les générations futures et l'un des patrimoines naturels les plus précieux au monde.
Évoquant les menaces environnementales croissantes, notamment la baisse du niveau des eaux, les changements climatiques, la hausse des températures de l'air et de l'eau, les pollutions pétrolières et industrielles, la dégradation des habitats naturels et la diminution des ressources halieutiques, le président a souligné que le recul des eaux de la Caspienne menaçait non seulement les ports et les infrastructures côtières, mais aussi les moyens de subsistance des pêcheurs et des communautés locales, la sécurité alimentaire et les perspectives de développement des pays riverains.
Pezeshkian a insisté sur le fait qu'aucun pays ne pouvait, à lui seul, maîtriser cette crise.
Il a rappelé que la mer Caspienne constituait un écosystème interconnecté et que toute dégradation d'une partie de cet espace maritime aurait, tôt ou tard, des répercussions sur l'ensemble de la région. Sa protection exige donc une volonté politique commune, une coopération continue et une action coordonnée de tous les pays riverains.
Il a présenté la coopération environnementale comme une occasion de renforcer la confiance et la convergence régionales, soulignant que l'environnement ne devait pas être sacrifié aux différends politiques, aux rivalités économiques ou aux ingérences extérieures à la région.
Selon lui, les pays riverains doivent mobiliser leurs capacités scientifiques, techniques, financières et humaines, dans le plein respect de la souveraineté nationale et des intérêts légitimes de chacun.
Soulignant la nécessité de s'appuyer sur la science, des données communes et la coopération régionale pour faire face à la baisse du niveau des eaux, le président a déclaré que les différents facteurs en cause, notamment les changements climatiques, la hausse des températures et de l'évaporation, l'évolution des régimes de précipitations, les modifications des débits fluviaux et les interventions humaines, devaient être étudiés dans un cadre scientifique intégré. Compte tenu de la rapidité des changements, il a appelé à passer de la simple observation et description de la crise à sa gestion collective.
Pezeshkian a également souligné le rôle central de la Convention de Téhéran, qu'il a qualifiée de principal cadre juridique régional contraignant pour la protection du milieu marin de la Caspienne.
Il a insisté sur l'importance de cette convention et de ses protocoles pour lutter contre les pollutions pétrolières et celles d'origine terrestre, préserver la biodiversité, évaluer les impacts environnementaux transfrontaliers et faire face aux changements climatiques ainsi qu'à la baisse du niveau des eaux.
Évoquant les enjeux géopolitiques et sécuritaires de la région, le président a estimé qu'il était essentiel de préserver la Caspienne en tant qu'espace de coopération, de stabilité et de développement commun. Il a souligné que la paix et la sécurité durables dans cette région exigeaient le respect, par les pays riverains, de la souveraineté et des intérêts légitimes de chacun, ainsi que la prévention de toute transformation de cet espace stratégique en terrain de rivalités destructrices et d'ingérences de puissances extrarégionales
Faisant référence à l'attaque contre le port d'Anzali durant la guerre menée par les États-Unis et le régime sioniste contre la République islamique d'Iran, ainsi qu'à l'attaque armée de l'Ukraine contre un navire commercial iranien, Pezeshkian a déclaré que les attaques militaires visant les ports, les navires, les réservoirs de carburant, les installations industrielles et les infrastructures maritimes mettaient en danger la sécurité régionale et pouvaient également entraîner des conséquences environnementales transfrontalières.
Il a appelé les pays riverains à condamner ces actes et à faire répondre leurs auteurs de leurs actes.
Dans une autre partie de son discours, le président iranien a salué la décision du sommet de créer une commission de haut niveau composée des vice-présidents des gouvernements des pays riverains. Il a proposé l'élaboration et la mise en œuvre, dans le cadre de la Convention de Téhéran, d'un programme régional à long terme visant à lutter contre la baisse du niveau des eaux de la mer Caspienne.
Ce programme reposerait sur sept axes principaux : le suivi scientifique conjoint des facteurs contribuant à la baisse du niveau des eaux ; le renforcement des mécanismes de lutte contre la pollution marine et de protection de la biodiversité ; le renforcement du rôle de la Convention de Téhéran et de ses mécanismes d'application ; l'adaptation des infrastructures côtières et des ports aux évolutions futures ; la protection et la restauration des zones humides et des habitats sensibles ; le soutien aux communautés locales, aux activités de pêche et aux moyens de subsistance des populations dépendant de la Caspienne ; et la mobilisation des ressources financières et des technologies nécessaires aux mesures de protection environnementale.
En conclusion, le président a souligné que les pays riverains se trouvaient face à un choix historique pour faire face à la baisse du niveau des eaux de la Caspienne. « Le choix de la République islamique d'Iran est celui de la coopération, de la science et de la protection de la Caspienne, ainsi que de la transmission de ce patrimoine commun aux générations futures », a-t-il déclaré.