Le président iranien a souligné que l’une des étapes les plus importantes consistait à développer l’utilisation des monnaies nationales dans les échanges commerciaux entre les membres des BRICS, précisant que cette démarche devait s’accompagner de la mise en place des instruments nécessaires à la gestion du risque de change et à la compensation réciproque.
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Tout d’abord, je tiens à adresser mes sincères remerciements au gouvernement et au peuple amis de l’Inde pour l’excellente organisation de cette réunion, ainsi qu’à l’honorable Premier ministre indien pour ses précieux efforts en faveur du renforcement de la coopération au sein des BRICS. Je suis heureux d’être aujourd’hui parmi les représentants du secteur privé, les entreprises et les entrepreneurs qui peuvent transformer l’idée de coopération au sein des BRICS en réalités économiques concrètes.
Le monde d’aujourd’hui traverse l’une des périodes les plus complexes de son histoire. L’incertitude géopolitique, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et le recours croissant aux instruments économiques pour exercer des pressions politiques ont rendu l’environnement de l’activité économique des pays plus complexe. La question est donc de savoir quelle réponse les BRICS peuvent apporter à ces difficultés. Nous sommes convaincus que la véritable puissance des BRICS ne se résume pas à la taille des économies de ses membres, mais qu’elle se manifeste plus clairement lorsque ces capacités se transforment en un réseau commun de commerce, d’investissement et de financement ; autrement dit, lorsqu’il s’agit de passer de la « coopération potentielle » à la « coopération opérationnelle ».
Chers collègues,
La République islamique d’Iran est convaincue que la résilience économique n’est pas possible sans diversification des partenaires commerciaux, des sources de financement et des voies de paiement. L’Iran a été confronté, au cours des dernières années, à de vastes sanctions, mais ces pressions sont entrées, ces derniers mois, dans une phase beaucoup plus difficile et dangereuse avec l’agression militaire des États-Unis et du régime israélien contre la République islamique d’Iran.
Cette agression, outre ses pertes humaines et matérielles, a une nouvelle fois mis en évidence une réalité importante : la sécurité économique est indissociable de la sécurité nationale et de la sécurité régionale. Dès lors que le commerce, l’énergie, les infrastructures ou le système financier d’un pays sont soumis à des pressions politiques ou militaires, leurs répercussions dépassent les frontières de ce pays et affectent la stabilité régionale, voire l’économie mondiale.
C’est pourquoi les BRICS doivent, en créant des capacités résilientes pour les économies de leurs membres et celles du Sud global, instaurer un environnement dans lequel aucun pays ne puisse, en monopolisant un instrument financier ou technologique, perturber le commerce légitime d’un autre pays.
Pour accroître les échanges commerciaux intra-BRICS, nous devons passer d’une coopération dispersée à une intégration progressive des infrastructures commerciales. Dans ce domaine, plusieurs mesures revêtent une importance particulière, notamment la numérisation et l’intégration des procédures douanières ainsi que la facilitation des échanges, la réduction des obstacles réglementaires et administratifs, le développement des marchés transfrontaliers et la facilitation des investissements conjoints du secteur privé.
Nous proposons également de renforcer la coopération en matière de normalisation, afin que les BRICS passent d’un marché d’échange de matières premières à un réseau de chaînes de valeur et de production industrielle communes.
La sécurité alimentaire et la sécurité énergétique constituent deux piliers fondamentaux de la sécurité économique. La République islamique d’Iran, forte de ses immenses réserves énergétiques et de sa position géographique privilégiée, est prête à jouer le rôle de partenaire stratégique dans les chaînes d’approvisionnement des BRICS dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation et des transports.
Mesdames et Messieurs,
L’une des étapes les plus importantes consiste à développer l’utilisation des monnaies nationales dans les échanges commerciaux entre les membres. Cette étape doit s’accompagner de la création des instruments nécessaires à la gestion du risque de change et à la compensation réciproque, car le système financier actuel, en raison de sa concentration sur un nombre limité de monnaies, est vulnérable aux chocs politiques.
Pour transformer la coopération commerciale en investissements réels, la Nouvelle Banque de développement doit, grâce à des lignes de crédit spéciales, au financement en monnaies locales et à des instruments de garantie destinés à attirer les investissements privés, devenir le principal moteur du financement des infrastructures et de l’énergie dans les pays membres.
Chers collègues,
Une autre proposition concrète de la République islamique d’Iran consiste à créer une compagnie commune de réassurance des BRICS, dotée d’un capital initial de dix milliards de dollars, afin de couvrir les risques liés aux grands projets d’infrastructure et énergétiques et de renforcer la confiance du secteur privé.
Nous sommes également à l’aube d’une transformation fondamentale de l’économie mondiale avec l’émergence de l’intelligence artificielle. Les BRICS ne doivent pas se contenter d’être des consommateurs de technologies ; ils doivent également jouer un rôle dans la production de connaissances et dans l’élaboration des normes de l’économie numérique, tout en renforçant la cybersécurité des infrastructures critiques.
Mesdames et Messieurs,
Le Conseil des affaires des BRICS doit passer du statut de forum de dialogue à celui de moteur opérationnel de la coopération économique. Ses groupes de travail spécialisés doivent définir des projets concrets et mesurables, assortis d’indicateurs précis tels que le taux de croissance du commerce intra-BRICS, la part des monnaies nationales dans les échanges commerciaux et le volume des investissements privés mobilisés.
La République islamique d’Iran, forte de sa position géographique privilégiée et de ses ressources énergétiques, est prête à devenir l’un des maillons importants de la connectivité économique des BRICS. Nous sommes convaincus que les BRICS ne deviendront une véritable force dans l’économie mondiale que lorsque notre coopération se traduira concrètement dans les contrats, les usines, les ports et la vie économique des populations des pays membres.
La République islamique d’Iran est prête, aux côtés de tous les membres des BRICS, à œuvrer à la construction d’une économie plus ouverte, plus résiliente et plus équitable.
Je vous remercie de votre attention.