Le président Masoud Pezeshkian a déclaré que l’Iran n’avait jamais été à l’origine d’une guerre et que, tout en restant attaché aux négociations et aux solutions politiques, il ne renoncerait jamais à ses droits ni à ses intérêts face aux pressions, aux menaces ou à la coercition.
Au troisième jour de son entretien télévisé, le président Pezeshkian a répondu à des questions majeures portant sur la politique étrangère.
Évoquant les questions internationales, il a également fait référence à certains défis internes, estimant qu’une partie de ces difficultés découlait de divergences de vues et d’un manque de coopération au sein du pays.
Abordant les efforts entrepris pour développer les relations avec les pays voisins, il a qualifié ces relations de positives et a déclaré : « Dans le contexte de la guerre en cours, Israël et les États-Unis cherchent à unir les pays du Golfe contre nous. De notre côté, nous nous efforçons d’empêcher qu’une telle situation ne se produise. »
Il a ajouté : « Nous faisons également face à des défis à l’intérieur du pays, car des approches différentes subsistent encore, et les États-Unis ainsi qu’Israël exploitent naturellement cette situation. »
Interrogé sur l’impact que d’éventuelles frappes contre des bases américaines dans la région pourraient avoir sur les relations de l’Iran avec les pays riverains du Golfe, le président a répondu : « Le problème est que les États-Unis nous ont attaqués depuis le territoire de certains pays de la région et ont visé nos bases et nos installations. La question est de savoir d’où l’école de Minab a été frappée. C’était depuis ces mêmes pays musulmans et amis. Pourquoi devraient-ils permettre que leur territoire serve à nous attaquer ? Nous ne voulons pas viser ces pays ; nous frapperons uniquement l’endroit d’où l’attaque contre nous est lancée. »
Il a affirmé avec fermeté : « Nous n’avons l’intention d’imposer notre volonté à personne, mais nous ne nous soumettrons pas non plus à la force. Nous n’accepterons pas que l’on nous dicte sa volonté, que l’on entre sur notre territoire et que l’on s’empare de nos ressources. Nous avons été contraints de nous défendre. »
Répondant à une question sur le rôle supposé de la France comme médiateur en vue d’un compromis entre l’Iran et les États-Unis, compromis qui aurait ensuite été rejeté par Donald Trump, il a déclaré : « Il n’y a pas eu de médiation. Dans un premier temps, nous étions parvenus à un accord avec les Européens. Nous avions trouvé un terrain d’entente avec M. Macron et rapproché leurs attentes de nos demandes. Mais, au final, les Européens ne disposaient pas d’une pleine marge de décision ; les États-Unis sont revenus sur cet accord, puis les Européens ont relancé la question du mécanisme de snapback. »
Le président a de nouveau insisté sur le fait que l’Iran n’avait pas déclenché la guerre. « Leur calcul était que, compte tenu de la situation, le pays finirait par s’effondrer. Ils pensaient que le contexte leur permettrait d’agir. Mais nous avons tenu bon jusqu’à aujourd’hui et nous sommes désormais encore plus forts. »
Expliquant la manière dont le système est parvenu à accepter deux cycles de négociations, il a déclaré : « La meilleure solution aujourd’hui est qu’ils nous laissent tranquilles et que nous les laissions tranquilles. Ils veulent nous humilier, mais nous ne l’acceptons pas. Ils voulaient nous désarmer totalement. Être désarmé signifierait connaître un destin semblable à celui de Gaza. Ils veulent nous priver de toutes nos capacités militaires et défensives et nous contraindre à nous soumettre, mais nous n’accepterons pas cela. »
Évoquant les ambitions des sionistes, il a ajouté : « Ils poursuivent le projet du Grand Israël. Pour notre part, nous n’avons aucune intention d’agresser d’autres pays, d’occuper des territoires ou d’étendre nos frontières. Nous ne recherchons pas un Grand Iran. »
À propos des critiques internes concernant le mémorandum d’entente, le président, se référant aux analyses de plusieurs pays étrangers, l’a qualifié de succès et a déclaré : « Nous défendons avec force le texte que nous avons signé sous la forme d’un mémorandum d’entente. Qu’on nous montre une seule disposition dans laquelle nous aurions cédé. Pourquoi faudrait-il sans cesse parler de guerre ? C’est précisément ce qu’Israël souhaite. »
Il a également indiqué que les forces armées avaient approuvé ce mémorandum : « La logique, la raison, les réalités du terrain et la société conduisent à cette décision. Celle-ci a été prise au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, et toutes les forces de sécurité, de défense et militaires l’ont soutenue et acceptée. »
Le président a ensuite évoqué les relations et la coordination entre les commandants militaires, le Guide suprême de la Révolution islamique et le gouvernement, déclarant : « Je peux affirmer avec certitude qu’aucun gouvernement n’a suivi les orientations du Guide suprême autant que le mien. Nous continuerons à le soutenir de toutes nos forces. Naturellement, le Guide prend ses décisions sur la base des informations dont il dispose, dans l’intérêt du pays, de l’État et du peuple. »
Répondant aux rumeurs concernant une éventuelle démission, il a déclaré : « Je ne démissionnerai pas. Je resterai à mon poste et, face aux obstacles qui seront créés, je parlerai directement au peuple pour lui expliquer la situation et la manière dont les choses avancent. »
Enfin, interrogé sur la signature du mémorandum par lui-même, tout en indiquant que certains détails demeuraient confidentiels, il a expliqué : « Il était initialement prévu que M. Vance et M. Ghalibaf, responsable des négociations, signent le document. Il a ensuite été décidé que ce serait M. Trump qui le signerait afin de lui conférer davantage de crédibilité et de solidité. Nous l’avons donc signé au même niveau. Du point de vue du rang et de la valeur juridique, cette formule de signature présentait un niveau supérieur. »